LES EDIFICES AUJOURD'HUI DISPARUS

Les Halles

Pendant longtemps, Champeaux a eu ses halles, situées sur la place principale de village. Elles mesuraient vingt mètres de long, sur dix de large, pour une hauteur d'environ huit mètres et demi à la faîtière.

Les halles, cadastre 1834 - Cliquez sur l'image pour mieux la voir... (889x581 80938 octets)

 

Le premier plan sur lequel elles figuraient, était le plan terrier [2] , levé en 1780, en vertu d'un ordre de l'Intendant de la Généralité, monsieur Bertier de Sauvigny, en date du 15 octobre 1777.

Elles étaient entièrement destinées à l'utilité publique, et avaient été ceinturées de murs, malgré l'opposition des habitants, pour servir de grange. Le grenier était loué aux particuliers, pour y stocker les blé, avoine et paille.
Les grains pouvaient y être battus de plein pied, sauf le vendredi qui était régulièrement jour de marché, où il était dit que l'on n'y trouvait que rarement du poisson. [3]

Ces halles n'allaient pas conserver leur aspect initial jusqu'au jour de leur démolition. En effet, lors de la réunion du conseil municipal du 3 pluviose an IV, il était fait mention d'une pétition de "citoyens habitant Champeaux", indiquant que "le dimanche précédent, une des grandes portes était tombée en ruine et qu'au même instant, une quantité d'enfants s'étaient emparés des morceaux, avant de s'enfuir". En conséquence, les portes restantes, une grande et deux petites, situées du côté nord, étaient vendues le même jour à trois heures du soir. De plus, il était également décidé que tous les murs seraient démolis, à l'exception de celui du pignon du couchant, et que les poteaux seraient relevés par des "jambages en matière", car étant "endommagés par une pourriture occasionnée par différents immondices restés aux pieds desdits poteaux depuis longtemps, et qui pourroient menacer ruine si l'on y mettoit empêchement".

Fin juillet 1816, des réparations étaient décidées pour la couverture, devant être faites, avant fin août, par Jean Louis Chevy, maçon à Champeaux, à raison de cinquante centimes la toise, fourniture exclue. Pour le règlement, par contre il fallait être patient, puisqu'il n'était prévu qu'à Noël !!

Les murs qui avaient été démolis précédemment, avaient été remplacés, avant juillet 1817, par des lisses mobiles fermées par un écrou à clef.

Le 29 mai 1863, la démolition des halles était votée, en même temps que leur reconstruction dans un autre endroit, sans précision particulière sur ce dernier.

Monsieur Jean Pierre Grandin, alors maire, faisait savoir, à la mi-novembre de la même année, qu'il avait en vue de construire les nouvelles halles, les anciennes n'étant pas encore démolies, dans une maison ayant vue sur la place, et appartenant à un nommé Alexandre Lacroix. Cette maison et ses dépendances avaient une superficie de 152 m2 environ, murs non compris, contre 182 aux anciennes. Le dénommé Lacroix en voulait 2500 francs, mais le maire, considérant son grand état de délabrement, n'en offrait de 2000 francs, plus 200 francs pour son emplacement favorable. Après avoir fait signer une promesse de vente au sieur Lacroix, le maire était autorisé à faire lever le plan des lieux, et à demander au préfet la nomination d'un expert pour procéder à l'estimation de cette maison. Il était également chargé de solliciter l'autorisation préfectorale, pour vendre les anciennes halles toujours existantes, et dont l'estimation était faites le 30 mars 1864, à 922, 30 francs, par Louis Augustin Chevy, maître maçon à Champeaux.

Le 23 juin 1864, le conseil municipal et les plus imposés faisaient volte-face, et rejetaient le projet d'acquisition de la maison Lacroix qui aurait provoqué une imposition dépassant ce qui était permis par la loi.

Le 31 août de la même année, il était donc envisagé la possibilité de construire de nouvelles halles, toujours sur la place, ayant une couverture à huit pans en zinc ou en tuiles. Pour ce faire, la croix de Sainte Fare devait être déplacée soit sur la place du Cloître, soit sur le carrefour de Malvoisine.

La vente par adjudication des matériaux provenant de la démolition des halles, était faite le 9 juillet 1865, au plus offrant et dernier enchérisseur, à l'extinction de 3 feux francs, pour la somme de 1100 francs [4], à Louis Côme Hallier, de Champeaux. Les termes de l'adjudication stipulaient qu'il devait être fait place nette de tous les matériaux, avant le 25 juillet de la même année. C'est donc bien par erreur, que Monsieur Duriot, instituteur à Champeaux, mentionnait dans sa monographie communale de 1889, la démolition des halles en 1845.

Détail intéressant, renseignant sur l'état pitoyable dans lequel se trouvaient ces anciennes halles: au terme de l'article 6 de l'adjudication, avant d'en prendre possession, pour en faire la démolition, l'adjudicataire devait remettre au sieur Emile Gorget, charpentier à Champeaux, "6 forts morceaux de bois" employés au soutènement d'une grande partie de ces halles.

Quant à la croix de Sainte Fare, bien qu'il n'ai plus été question de construire de nouvelles halles, elle était qu'en même déplacée, dans le courant de 1866, sur le carrefour de Malvoisine, endroit où elle se trouve toujours de nos jours (sauf la croix en fer qui a disparu).

[1] [3] Livre de l'abbé Henry Goudemetz "Voyage de Champeaux à Meaux" (de 1785) retour au texte.
[2] Plan partiellement consultable aux archives départementales de Seine-et-Marne, sous la cote G 176. retour au texte
[4] 1100 francs de 1865 valant environ 24000 francs de 2000.retour au texte

Eglise paroissiale Notre-Dame

Sa démolition date de 1792, consécutivement à la Révolution.

Accolée au côté nord de la collégiale, et quasiment au contact de la tour-clocher de celle-ci, ses dimensions étaient plus modestes que sa "voisine", et peuvent être estimées à vingt-sept mètres de long et dix de large.

Elle possédait un clocher positionné identiquement à celui de collégiale, c'est-à-dire en son angle nord-ouest.

Chapelle Saint Léonard (ou Saint Liénart)

Celle-ci était située, à l'entrée ouest du village, sur la pointe de terrain formée par l'intersection des actuelles routes départementales 57 et 215; terrain, entièrement bordé d'arbres, dont la surface était d'environ 6500 m2.

Elle figure sur un plan d'intendance de 1780.

Son existence remontait au 13ème siècle [1].

Celle-ci a été l'annexe d'une maladrerie, et a été réunie à l'Hôtel-Dieu de Champeaux, en 1695 [2].

Aux environs de 1790, monsieur Beaunier syndic de Melun, fait annoncer par affiches la vente de 685 ormes, 280 peupliers avec le bâtiment et terrains dépendant de la dite chapelle.

[1] [2] Livre de l'abbé Henry Goudemetz "Voyage de Champeaux à Meaux" (de 1785)

Moulin de Varvanne

Situé à la sortie est du village, l'existence de celui-ci remontait au moins au 15ème siècle, puisque figurant sur un plan des dîmes de Champeaux, daté de ce siècle.

De 1652, date des premiers registres paroissiaux de Champeaux, à au moins 1867, ce moulin a été exploité.

Une succursale de la "Laiterie Centrale" dont le siège était à Paris (n° 148, rue du faubourg St Denis), était établie fin 1860, jusqu'au moins en 1874.

En 1889, il existait toujours, et était équipé d'une paire de meules. Son propriétaire était Louis André Basset, demeurant à Pecqueux.

Dès 1901, et au moins jusqu'en 1913, ce moulin était resté sans locataire. Ce qui n'a rien d'étonnant, puisque étant dit en ruine dès 1903. [1]

[1] Matrice des propriétés bâties de 1882 (cote aux archives départementales de Seine-et-Marne: 4P128/3)

La ferme d'Aunoy

Il ne reste de cette ferme que le pressoir, dont voici deux photos;

Pressoir en 1908   Reste du pressoir - Cliquez sur l'image pour mieux la voir... (317x421 57123 octets)

 

La première est datée de 1908, et la seconde prise récemment. Cet édifice est situé dans la partie est du parc de 16 hectares qui entoure le château d'Aunoy. Ses dimensions sont les suivantes : 8 mètres de diamètre, pour une hauteur de 13 mètres sur la pointe de la toiture.

Ferme d'Aunoy, cadastre 1834 - Cliquez sur l'image pour mieux la voir... (670x480 80660 octets)

 

L'extrait du plan cadastral de 1834 [1], montre qu'il était enclavé dans les bâtiments de la façade ouest, et situé à droite d'un passage donnant accès à la cour intérieure de la ferme, dont les constructions s'étalaient sur un terrain de 70 mètres de long par 50 mètres de large.
De chaque côté de l'allée qui conduisait à la ferme, et aboutissait à la route menant au moulin de Chaunoy, se trouvaient des jardins.

Dans les registres paroissiaux qui commencent en 1651, on trouve régulièrement trace de laboureurs travaillant dans cette ferme, jusqu'en 1848. Le dernier cité pour y avoir exercé de 1811 à 1848 est Jean Louis Alexandre Chamorin, époux de Marie Hélène Geneviève Dutfoy. La destruction de cette ferme, à l'exception du pressoir, s'est faite entre 1844 et 1848 [2].

[1] conservé en mairie
[2] matrice des propriétés foncières de 1835 ; cote aux A.D.77 : 4P128/1