CHEF D'ŒVRE EN PERIL, LA COLLEGIALE N'A PAS LES FAVEURS DE L'ETAT

La République de Seine-et-Marne - 18.09.2006

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Le maire sonne le tocsin : l'Etat exige des travaux de rénovation de la collégiale pour sa réouverture au public, sans pour autant mettre la main à la poche.

L'histoire remonte au printemps dernier : le 31 mai, le préfet avait décidé la fermeture de la collégiale pour des raisons de sécurité. Cette magnifique église qui date de la fin du Moyen Age, (12e siècle), avec sa grande tour qui domine la plaine de Brie, avait été durement touchée par la tempête de décembre 1999 qui avait détruit une partie de la toiture. Mais, alors qu'une première phase de travaux, (le maire Yves Lagües-Baget s'était tout de même battu pendant trois ans pour obtenir ce résultat en déposant un dossier en préfecture dès 2003), va commencer fin octobre pour la rénovation de la charpente et la toiture, l'état se montre soudain silencieux sur les étapes suivantes du chantier. "Cette première phase de travaux représente une enveloppe de 305.000 euros financés à  20% par la Région, le Département et la commune. L'Etat s'est, quant à lui, engagé à hauteur de 40%", explique le maire de Champeaux.

Ces travaux vont durer huit à dix mois et le maire aurait souhaité engager la seconde phase du chantier, pour un montant de 200.000 euros, dans la foulée.

Une demande... en juillet 2007.

Mais l'Etat ne suit plus.' "J'ai effectué une demande pour cette seconde phase début juillet. En septembre, en l'absence de réponse, j'ai à nouveau pris contact avec le préfet", explique Yves Lagües-Baget. La semaine dernière, le préfet lui a répondu que l'Etat est prêt à l'aider dans la première phase des travaux mais rien de plus. Et le maire devra déposer un nouveau dossier pour la seconde phase des travaux…mais pas avant juillet 2007. Cette absence d'engagement de l'Etat place la Commune de Champeaux dans une situation particulièrement délicate et le maire ne cache pas sa colère teintée d'inquiétude: "L'Etat doit donner son arrêté de subvention pour enclencher d'autres demandes en direction de la Région et du Département". Et Yves Lagües-Baget ajoute avec agacement : "Le Premier ministre Dominique de Villepin a annoncé en début de semaine dernière qu'il débloquait 70 millions d'euros en faveur du patrimoine".

Du coup, le maire a décidé de solliciter à nouveau le préfet mais aussi le ministre de la Culture.

Commune sans le sous

La commune a déjà engagé 73.000 euros pour la première phase et elle déboursera 50.000 euros pour la seconde phase des travaux, mais elle ne pourra aller plus loin : "Champeaux n'aura plus les moyens de faire face à moins d'augmenter les impôt de 20% ! Je ne peux pas comprendre qu'étant le seul Monument historique fermé de Seine-et-Marne, la Collégiale de Champeaux n'ait pu bénéficier de 80.000 euros", explique le maire.

Là où le bât blesse, c'est qu'une mise en sécurité complète de la Collégiale demanderait 1,5 millions d'euros supplémentaires selon l'architecte en chef des monuments historiques.

"L'application pure et simple des pouvoirs de police par l'Etat ne le dédouane pas de sa responsabilité face au patrimoine", rappelle Yves Lagües-Baget.

Le maire de Champeaux a d'ores et déjà obtenu le soutien de Vincent EBLE, président du conseil général, qui vient de saisir le ministre de la Culture.

Rappelons que la Seine-et-Marne est le département d'Île-de-France qui compte le plus grand nombre de monuments protégés.

A.D.